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Cusco, la chaleur des pierres

  • 7 juil. 2015
  • 6 min de lecture

Nous attendions du Pérou qu´il nous montre ses couleurs. Arrivés à Cusco nous ne sommes pas déçus.


Quand nous annonçons à nos chauffeurs que nous nous rendons dans l´ancienne capitale des Incas, tous nous mettent en garde :

- " Vous allez à Cusco ? Mais vous savez que c´est à plus de 4800m ?! Il y fait extrêmement froid !"


La dernière personne à nous accompagner dans notre périple pour la ville nous dira justement :

- " Oui, il y fait froid, mais que serait Cusco sinon ... " Sourire et mélancolie dans son regard.


Pour notre part, nous n´avons jamais vu un froid aussi chaleureux ! Il fait beau en cette période de l´année, le soleil innonde la ville et nous sommes à 3400m. Tout va bien !


Nous trouvons le camping Quintalala, célèbre chez les voyageurs au long court. Situé à l´extérieur de la ville, il offre un espace vert et une vraie douche chaude, une aubaine à moindre prix. La nuit, c´est vrai que le mercure descend jusqu'à 4°C, mais sous notre tente, chaussettes d´alpaga aux pieds et bonnet sur la tête, nous nous portons bien!

Difficile de séparer Cusco des Incas et les Incas de leurs chefs d´oeuvre architecturaux et de leur art pour faire parler les pierres. Exterminés ou réduits en esclavage, ils n´ont laissé aucun autre témoignage que leurs pierres. Alors ce sont celles-ci qui parlent pour eux, nous livrant une histoire et une culture riche.


Une ville en pierre au milieu des montagnes pourrait être froide mais pas Cusco.


Les églises, que nous devons payer assez cher le droit de visiter, offrent un mélange subtile et intéressant entre anciennes croyances, style Inca et techniques coloniales. Aujourd´hui de nombreux grands monuments prennent fondation sur d'anciens bâtiments Incas.

A l´extérieur de la ville, l´un des plus beaux vestiges Incas (que nous nous régalons à visiter) : la forteresse Saqsaywaman. Construite sur les hauteurs du Cusco actuel, elle nous offre un panorama sur toute la ville. Des blocs de plusieurs tonnes, parfaitement agencés sans mortier, forment l´impressionnante forteresse de plusieurs niveaux. Une force irréfutable en ressort et nous saisit . Plus loin, quelques vestiges passés nous montrent l´habileté des constructeurs Incas à réaliser des bâtiments aussi esthétique que pratique ou mystique. Car il est en effet difficile d´évoquer les Incas sans les mythes et la mystisité qu´ils génèrent.

Les ruines de Quenko forment un centre cérémonial dédié à la Terre Mère : la Pacha Mama. Nous devons alors faire travailler notre imagination pour apercevoir sur un bloc de plus de 5m de haut, la représentation d´un puma (considéré comme un être surnaturel). Le site de Puca Pucara est un complexe réunissant petites forteresses et tours de guets. Plus loin encore, Tambo Machay est un ensemble de bains royaux et de circuits hydroliques toujours en marche aujourd´hui.


La chaleur de Cusco se trouve aussi dans les rencontres. Au camping nous faisons la connaissance de nombreuses âmes vagabondes. Une famille (Nomade1jour) partie depuis huit mois en camping car. A notre arrivée, ils nous invitent à prendre un repas chaud, un thé de coca et enfin un verre de rhum ! Un couple de français, parti depuis plusieurs mois, engagé à faire le tour des villages démunis en compagnie d'associations pour faire participer les enfants des rues à des activités de cirque. Enfin, Eli, Julia, Anna et Maëlys, de jeunes architectes voyageant dans un van capricieux, avec qui nous partageons plus d´une soirée. Barbecue et vin argentin au menu. Des rencontres aussi chaleureuses qu´un bon feu!


Cusco est aussi le camps de base de tous ceux qui souhaitent visiter le Machu Picchu (se situant à une centaine de km). Les solutions simples pour y accéder n´existent pas ou sont inabordables.

Machu Picchu J-1 :

Réveil 6h30, nous avons rendez vous une heure plus tard au centre ville pour notre transport collectif en direction d'Hydroelectrica (6h de trajet ). Celui-ci a une grosse demie heure de retard. Il nous trimballe dans toute la ville à la recherche d´autres touristes. A une station esscence on nous change de véhicule (allez savoir pourquoi, nous n´avons toujours pas compris). Nous partons enfin. Il commence à pleuvoir, on crève. Le chauffeur est habitué et nous indique les outils et pierres dont il a besoin. La pluie s'arrête et sonne notre départ. Puis la route se change en piste et longe un précipice, nous sommes presque arrivés. Nous arrivons bon dernier à Hydroelectrica et débutons les deux heures trente de marche le long de la voie ferrée, en compagnie d'Aurélien et Anne Sophie, deux francais recontrés dans le bus. Le Machu Picchu nous toune alors le dos, mais déjà la vallée nous accueille de toutes ses couleurs. Nous arrivons à la nuit tombée à Aguas Calientes, le village du Machu Picchu et nous installons au camping municipal. Un sandwich et dodo.


Machu Picchu JJ:

Réveil 4h20, petit déjeuner bananes et petits pains et c'est parti. Moins d'une heure après nous sommes devant le pont : l'entrée du parc national et lieu de départ des marches menant au site. Nous ne sommes pas les seuls à ne pas prendre le bus, à un prix exhorbitant. La nuit est encore bien noire et c'est à la frontale, au milieu de dizaines de jeunes, que nous comencons les 400 mètres de dénivelé qui nous séparent du Machu Picchu. Quarante cinq minutes plus tard nous y sommes, les bus partant à 5h30 aussi. Nous entrons et ouvrons grands les yeux. Nous découvrons les ruines dans la brume et sommes emerveillés par leur beauté. Peu à peu le soleil se lève mais nous étions déjà éblouis. Les vieilles pierres se marient avec la montagne, la brume et le soleil. Nous marchons dans les ruines, une oreille attentive mais discrète aux guides.

_SAM1982.JPG

Puis on se présente pour gravir La Montaña. Nous retrouvons par hazard Aurélien et Anne-Sophie. Quasi 700m de denivelé entièrement composé de marches. Nos cuisses brûlent. Nous grimpons tels des automates, posant un pied devant l´autre, par réflexe et non plus par envie. Nous n'en pouvons plus mais continuons convaincus que la vue sera magnifique. Et elle l´est! Merci.

Le Machu Picchu est l´un des lieux les plus extraordinaires de ce voyage.

Vieille Montagne.

Je vois la forêt qui respire

et la montagne qui s´étire.

Pour admirer tes murailles

nous puisons la force au coeur de nos entrailles.

Nous attendons depuis tes hauteurs

le soleil levant

qui viendra réchauffer la splendeur

de tes versants.

Brûme et fraicheur du matin

s'éffacent et laissent place

à la magnificience de tes jardins

aux vieilles pierres, à ton village passé

à ton témoignage tourmenté.

Après plus de neuf heures sur place nous redescendons au camping. Petites sieste puis Pisco Sour entre amis pour fêter cette journée. Le même chemin retour nous attend le lendemain, direction Cusco. Arrivés au camping nous retrouvons nos amis architectes.

...

Nous trouvons à Cusco la chaleur et les couleurs que nous nous imaginions du Pérou. Nous nous mêlons aux fêtes (qui battent leur plein en ce moment) sans parfois comprendre le propre des festivités. Nous nous asseyons à une table au milieu de centaines. On se retourne pour nous observer, nous dévisager et les sourires s´affichent dès qu'ils voient que nous voulons prendre part à leurs fêtes. On lève nos verres et ils font de même avec des cris de joie : héé héé !

Nous marchons dans les rues passantes en scrutant les couleurs, les visages et les sourires. Nous humons l´odeur des grillades et de la bière et nous établissons notre cantine dans un petit restaurant végétarien aux plats savoureux. Dans les ruelles étroites nous nous plaisons à entrer dans les boutiques en quête de matière douce, de vêtements d´alpaga. Nous admirons les femmes portant leurs enfants dans des draps colorés, différents mais tous signe d'une même gaité. Comme la peinture d'une montagne fleurie.

...

La mélancolie des endroits que tu regrettes avant de les avoir quitté.

...

Avant de partir nous dînons avec Eli, Anna, Julia et Maëlys au Green Point, un restaurant vegan aux plats haut en couleur et en saveurs. Un orgasme culinaire !

Malgré son havre de tranquilité et son lot de rencontres chaleureuses, nous devons laisser derrière nous le camping et Cusco. Alors même que nous nous étions trouvés, nous devons nous re-perdre.

Perdre pour découvrir.


 
 
 

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