Lima et les énigmes de Nasca
- 4 juil. 2015
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Bonjour à tous, à la frontière Bolivie-Chili, nous nous sommes fait voler un de nos petits sacs avec entre autre la tablette et l'appareil photo contenant les articles et les photos. Nous avons donc perdu un mois d'écriture et les images de la Bolivie. Après une séance de réécriture voici l'article avec des détails en moins. Nous espérons qu'il vous plaira ! Les prochains retrouveront tout leur naturel :) On vous embrasse très fort !
Nous n'avions pas hâte de retourner dans une grande ville et encore moins dans une capitale plantée au milieu du désert. La côte péruvienne se résume a 3000 km de zone abandonnée de toute verdure, truffée de villes insensées dont Lima fait partie. Immense, elle défie les lois du désert et irrigue des jardins et des parcs.
Grâce à l'assurance de la conduite d'Audrey nous nous faufilons entre les voitures, bus et camions et arrivons sains et saufs à Miraflores, quartier aisé de Lima. Une ronde d'hôtels et nous voilà installés. Le lendemain, cloué au lit par une mini gastro, Adrien délaisse la visite du centre historique et prend un bol d'air le long du front de mer flanant devant les surfeurs téméraires et les figures des parapentes. De notre côté nous nous baladons dans les rues piétonnes admirant les facades coloniales, les églises et les vestiges des remparts protégeant autrefois la ville des caprices de Pachamama (mère nature) et des invasions. Depuis la place centrale, abritant la cathédrale et le palais national, déserte et inaccessible nous apprenons la visite du premier ministre chinois Li Keqiang. Suivant les citoyens chinois casquette rouge sur la tête et drapeau à la main nous arrivons au lieu d'accueil et de défilé. Face à la parade de la garde péruvienne tout est prévu : banderoles, drapeaux aux couleurs des deux pays, chansons. Nous regardons d'un oeil amusé les répétitions en nous demandant si nous aurions fait de même pour la venue de Manuel Valls... aurions nous seulement été au courant ? Lassés de l'attendre nous repartons.
C'est maintenant l'heure de partir et de retendre le pouce, délaissant le confort du van et la compagnie d'Audrey et Alex. Un grand merci pour ces semaines passées avec vous et les 1700 km parcourus. Nous avons vécu de très beaux moments et découvert des endroits difficiles d'accès en stop. A très vite sur la route !
Le stop marche bien sur la côte péruvienne et en deux jours nous arrivons à Huacachina, oasis perdu dans le désert à quelques kilomètres de la ville d'Ica. Jour de week end, les péruviens sont plus nombreux que les touristes. Des enfants jouent aux abords du lac, des pédalos ou des barques se louent et des adultes se chamaillent et se poussent dans l'eau. Touristes comme locaux tous descendent, debout ou assis sur des sandboarding, les pentes ensablées des dunes. L'ambiance est bon enfant et décontractée. Seuls les vrombissements d'énormes 4*4 offrant un tour de sensations fortes et motorisées aux gringos dans les dunes viennent troubler le spectacle. Mais seul du haut de la plus haute dune nous n'entendons que le silence du vent qui soulève le sable. Le spectacle désertique est au delà du sublime. Nous plantons la tente dans les dunes, recouvrant les bords de sable pour contrer les bourrasques de vents. "Fenêtres" ouvertes nous admirons la voie lactée.
Nous arrivons à Nasca. Ici ne cherchez pas autre attraction que les énigmatiques lignes de Nasca. Des centaines d'animaux et de formes géométriques s'étendent sur la région. En balayant le sol des pierres rouges les gens de Nasca, entre 400 et 650 ap.JC, laissèrent apparaitre un sol blanchâtre. Grâce aux faibles précipitations et à l'absence de vent ces lignes se sont extraordinairement bien conservées. Cependant les scientifiques n'expliquent toujours pas la capacité de cette civilisation à réaliser de telles figures, parfois longues de 300m, sans point de vue aérien. Et certaines formes telles que l'astronaute continuent toujours d'interroger. Probablement suite à un évènement climatique, la civilisation de Nasca disparut sans laisser de traces écrites laissant libre cours aux théories sur l'interprétation de ces lignes. Du calendrier astronomique au système d'irrigation en passant par la piste d'atterissage pour extraterrestre, la théorie la plus probable reste le lieu de culte et d'adoration. Pendant 30 min dans un petit coucou de deux places, malgré les protestations de notre estomac, nous survolons une dizaine de forme : le singe, la baleine, le colibri, le condor, le chien, la main, l'araignée, le héron, l'astronaute... Un spectacle inoubliable !

Nous quittons la côte et prenons la route pour le coeur des Andes et Cusco. La route sillone entre des lacs bleus turquoises, des champs de maïs ou de quinoa et des forêts d'eucalyptus. Des caveaux colorés, pas plus gros que des boites a chaussure, surmontés de croix, coiffent chaque petite colline. Des troupeaux de lamas ruminants achèvent le tableau.
Nous logeons dans des hôtels si minables que dormir devient un luxe. Le miroir de la salle de bain (partagée) tient grâce à du scotch. Le mur de notre chambre, montant au trois quart, nous donne une trop grande proximité avec la musique et la vie de notre voisin de chambre.
Pour sortir des villes nous marchons dans le froid qui s'échappe et dans le froid qui s'envole. Nous regardons des papas bien habillés emmener leurs enfants à l'école. Le monde ne s'est pas arrêté ?

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