Via Panama
- 27 mars 2015
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Pour vous donner une idée voici ce que nous avons généralement en tête avant de débarquer dans un pays : après la frontière, la ville de David puis au Nord, l’archipel de Bocas del Toro. Retourner à David pour prendre une route à l’est pour arriver à Panama City. Enfin, aller à Colón au Nord de la capitale pour prendre le ferry qui nous conduira aux portes de la Colombie. Advienne ce que pourra !
Après la frontière nous nous essayons au stop. Mais quasi aucune réponse n’est venue à nos pouces levés et nous peinons à parcourir une poignée de km. Nous arrivons tout de même dans la ville de David où nous nous installons pour la nuit dans un hôtel pas cher.
Le lendemain nous réitérons le stop pour atteindre l’archipel de Bocas Del Toro à plus de 4heures de route au nord-ouest du pays. Nous attendons longtemps, sous un soleil assumant mais soutenus par la famille d’en face, pour qu’enfin un professeur veuille bien nous avancer. Après 20 minutes de trajet il nous dépose à un croisement et nous demande 15$ pour faire son plein. Nous refusons poliment en expliquant notre démarche de faire du stop. Le professeur insistant, nous lui cédons 3$, qui lui parût suffisant car il reparti sourire en poche, nous serrant la main.
Nous relevons le pouce pas des plus confiants. Les voitures passent, nos gestes et nos sourires restent toujours sans réponse. Après plus de deux heures d’attente une voiture s’arrête et nous avance d’une heure. Puis nous attendons encore presque deux heures pour qu’enfin LA voiture rêvée se gare sur le bas-côté. Une jeune fille allant d’un trait à notre destination finale : l’embarcadère pour l’archipel. 3h40 plus tard nous posons pied sur l’Isla Colon, l’ile principale. A la tombée de la nuit nous arrivons dans le seul camping de l’ile. Nous posons notre tente sur un sol en bois. Fatigués nous nous endormons rapidement. Le stop au Panama se mérite !
Sur l’ile pas question de stop, les taxis sont omniprésents et pas chers (1$ par personne et par trajet) . Cependant nous préférons la marche, un peu d’exercice ne fait pas de mal. Nous avons calculé qu’à la fin de notre séjour sur l’ile, la marche nous aura fait économiser 25$, il n’y a pas de petites économies ! Pour notre premier jour sur l’ile, nous nous rendons à Playa Bluff. L’une des plages les plus magnifiques de notre voyage ! Le sable est ocre et contraste parfaitement avec les couleurs des cocotiers et du bleu-gris de la mer. Cette après-midi, des vagues de deux mètres à deux mètres cinquante s’abattent sur la plage. L’absence de soleil donnait à la mer un aspect terrifiant. Nous sommes les seuls sur la plage et les deux garçons en profitent pour se jeter nus en criant dans les puissantes vagues. Balayés, lessivés ils reviendront sur le sable le souffle court. Cette soirée-là, nous nous fîmes des crocs monsieur. Comment mieux finir une telle journée ?
Le jour suivant nous nous rendons sur une petite ile en face de Isla Colon. Dans un des bars-hôtel de cette ile, une partie de la mer était « privatisée » et servait de piscine. Sur un des côtés un trampoline y était installé depuis un ponton. Génial ! ;)

Le troisième jour, nous repartons de l’ile dans l’idée d’arrivée au croisement où nous avions rencontré la famille quelques jours plus tôt (dans l’espoir d’être hébergé). Le stop ne marchant absolument pas, nous montons dans un bus et nous prenons notre premier échec de stop du voyage. Grâce au bus nous arrivons au croisement avant la nuit. Avec de grands sourires nous revenons à la maison où la famille nous reconnut aussitôt et nous hébergea dans la foulée (après avoir demandé la permission au grand père).
Le double toit de la tente ne fermait déjà plus, la fermeture éclair avait explosé à la suite d’une soirée arrosée au Guatemala et on feindra de ne pas comprendre ce qui a pu se passer. Ce soir-là la tente subi une nouvelle déroute. L’une des trois tiges en métal céda nette quand nous essayâmes de l’archer. Heureusement que l’autre, bien que plus petite, fit l’affaire. Désormais seule la chambre de la tente est utilisable, nous devenons donc plus vulnérables en temps de pluie...
Nous terminons notre soirée dans un bar-salle de danse, où seuls répondent présents des pochetrons affalés sur le bar, demandant inlassablement une nouvelle bière. Nous nous installons dans le fond de la pièce pour manger deux ou trois empenadas à la consistance de carton.
Le lendemain, peut-être un peu obstinés, nous relevons nos pouces plus déterminés que jamais ! Avec une chance insensée nous arrivons en deux voitures à Panama City à plus de 400km de notre croisement. On arrive dans la ville par le pont des Amérique passant au-dessus du célèbre canal de Panama. Des super containers le traversent en continu. Sensation garantie !
Des couacs dans nos demandes de couchsurfing nous font rester trois nuits dans un hôtel, plutôt miteux et tenu par des Chinois (vous commencez à connaitre notre mode de recherche). En ressort de Panama City une modernité saisissante. Autour d’un centre historique typique d’Amérique Centrale, le Casco Antigua, où il fut très agréable de s’y promener, se dressent d’immenses grattes ciels. Peut-être la ville la plus moderne depuis Los Angeles.
Nous ne pouvions passer au Panama sans visiter son fameux canal, centre stratégique et géopolitique mondial pour le commerce. Toujours aussi chanceux nous assistons au passage des écluses par un pétrolier. Un spectacle impressionnant.
Nous abandonnons le stop pour sécuriser notre arrivée dans la ville portuaire de Colón, le lieu de notre embarquement pour la Colombie. En effet un nouveau ferry vient d’y être ouvert il y a quelques mois, pour le plus grand bonheur des baroudeurs. Avant l’ouverture de ce ferry peu de solutions fiables et abordables existaient : des croisières de luxe passant par les iles paradisiaques San Blas, l’avion bien sûr et des traversées en petites barques dans les eaux tumultueuses des Caraïbes. Au programme 20h de traversée dans un ancien ferry corse, quasi vide, tenu par des italiens, un joyeux mélange ! Durant cette traversée nous faisons la rencontre de Mobby, voyageur de 24 ans venant de traverser l’Atlantique en bateau stop, après avoir passé quelques mois en Afrique de l’ouest. Il suit les traces de Ludovic Hubler, un français ayant fait le tour du monde en stop pendant 5 ans. Nous échangeons nos expériences et nos histoires. Une belle rencontre.
Enfin nous posons le pied en Colombie ! Cette étape sonne la fin de l’Amérique centrale.
Ce que nous n’avons pas aimé en Amérique Centrale :
La pluie de la fin du Belize jusqu’au milieu du Guatemala, crever au Honduras, le vol de la casquette de Bertrand, la fausse ambiance décontractée de San Juan del Sur et de la Playa Madras, les prix excessifs au Costa Rica, le stop au Panama, la ville affreuse et sale de Colón au Panama
Ce que nous avons adoré :
La plongée au Belize sur l’ile de Cayes Caulker, Tikal, Antigua, le lac Atitlán, La Playa El Zonte, les retrouvailles avec Rémi et Kevin, le surf au Salvador, l’ile d’Ometepe, le Costa Rica avec la famille de Ségo, la vue du Quetzal, Bocas del Toro – playa Bluff, Casco Antigua – vielle ville de Panama City, la visite du canal de Panama

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