Costa Rica : Pura vida !
- 14 mars 2015
- 7 min de lecture
Avant d’arriver au Costa Rica, vous devez comprendre une chose. Une seule chose. Cette phrase simple et pourtant chargée de sens : « Pura Vida » . Mot à mot on pourrait traduire cette expression typiquement Costa ricaine par : « pure vie ». Or, c’est bien plus que ça !
Un avant-goût du Costa Rica nous avez été donné par deux jeunes rencontrés sur une plage du Nicaragua.
« Salut, comment ça va ?
Pura vida ! » répondent en cœur les deux jeunes, en décapsulant une bière.
Ce fut le premier d’une longue série, à laquelle nous avons adhéré très vite.
Après le passage de la frontière nicaraguayenne il nous fallait rejoindre au plus vite San Jose pour accueillir la famille de Ségo en bonne et due forme. Chanceux (du moins c’est ce que nous pensions au début) nous montons dans un camion qui se dirige directement vers la capitale. 4h de route à venir. Au bout de 10 min nous comprenons le « calvaire » dans lequel nous sommes tombés : le chauffeur, peu loquace et sans doute sourd, écoute sa musique, d’un gout douteux, extrêmement fort. Même les boules Quies n’y font rien. Pour combler le tout, la route cabossée nous faisait virevolter dans tous les sens à l’arrière de la cabine. Au bout de 3h nous décidons de nous arrêter dans une station essence qui nous servira de camping pour la nuit, avant San Jose.
Le lendemain nous arrivons en « one shot » (pour les non auto stoppeurs : en une voiture) à la capitale. Cerise sur le gâteau, notre chauffeur nous dépose sur la place principale, qui se révélera être le lieu de notre hôtel pour la nuit. Nous abandonnons la tente et le pouce pour une semaine ! Une semaine de vraies vacances ?
Nous avions écrit sur un morceau de papier « Bienvenidos la familia ». Marie-Do, Bertrand, Nico et Noémie viennent d’atterrir à San Jose. Un van nous amène au Gran Hôtel où plus tôt nous en avions profité pour nous faire tout beau.
Nous sommes impeccablement installés !
La famille de Ségo est là pour une semaine et notre emploi du temps est serré.
Au nord de la capitale, nous visitons le volcan Poas. Nous accédons quasi à son sommet ( 2574 m ) en voiture. Ce qui fait de ce volcan le plus visité du pays. Au pic du volcan on y découvre un lac paisible d’eau bleu turquoise opaque à 40°C. Le charme du lieu est sublimé par l’odeur de soufre se dégageant du cratère…
Avant de reprendre la route nous nous arrêtons manger dans un petit comedor du coin. Premier repas typique pour toute la famille : riz, haricots rouge, salade, banane Plantin et viande ou poisson. Tout le monde se régale et est ravi de découvrir nos repas quotidiens.
Quel luxe de ne pas tendre le pouce ! Nous voici en quelques heures au pied du volcan Arenal, qui restera caché dans les nuages pour la soirée. Ironie du jour: à notre tour de prendre en stop une jeune française et son père pour quelques kilomètres, qui elle-même remonte les Amériques en stop ! En arrivant à l’hôtel Los Lagos (deuxième luxe de cette semaine en famille), nous découvrons avec joie les deux grandes piscines. A peine les clés des chambres récupérées, nous retournons en enfance et descendons les toboggans à toute vitesse. Les « parents », plus sages (et fatigués ?) feuillètent le lonely planet pour organiser notre journée du lendemain.
A notre réveil c’est le volcan de notre imaginaire qui nous fait face. Majestueux, vert et doté d’une parfaite forme conique, nous l’observons longuement. A son sommet quelques nuages de fumée s’en échappent encore. Puis sous les directives du Lonely Planet nous recherchons une balade en direction d’une cascade. En vain. Le guide du coin nous conseille une marche dans la jungle. Humide, tropicale, faite de lianes, de fleurs et plantes exotiques et remplie de moustiques elle combla toutes nos attentes ! Cerise sur le gâteau : la découverte d’un toucan par Noémie. De retour aux voitures, le guide nous aborde une dernière fois pour nous délivrer un de ces secrets. Sur le chemin du retour se trouve des sources d’eau chaude gratuites. Un beau pied de nez à l’hôtel spa ressort d’en face qui demande un prix exorbitant, ce que le guide n’oublie pas de mentionner à plusieurs reprises : « la rivière est gratuite et libre, ils n’ont pas le droit de la privatiser ». Ces sources sont en réalité une des rivières descendant directement du volcan. Si la température de l’eau en amont est brûlante, elle se révélé parfaite à cet endroit. 38°c, des remous en guise de massage et une belle végétation : le paradis. Nous retournons à l’hôtel le sourire aux lèvres et les épaules détendues.
La semaine continue par un deuxième parc national, le parc Tenorio. Notre hôtel s’appelle Hiddenaway (« caché au loin ») … cela aurait dû nous mettre la puce à l’oreille. Après avoir quitté la route bitumée nous nous engageons sur une piste de terre. Nous suivons les panneaux d’indication toujours plus loin, croisant de temps en temps des maisons et des écoles mais nous enfonçant de plus en plus dans la forêt et la brume. Après plus d’une heure à remuer dans les 4*4 nous découvrons enfin le fameux hôtel. Et quelle surprise : accueil charmant, lieu verdoyant et paisible et petits chalets somptueux (ayant leur propre jacuzzi !). Une merveille.
Ce parc cache une rivière d’eau turquoise, faisant écho au site d’Agua Azul du Mexique, que nous nous empressons d’aller découvrir le lendemain. De nouveau nous revoilà en enfance à nager contre le courant, sauter et se laisser dériver. Une jungle toute aussi impressionnante que la première nous occupa l’après-midi, à la différence que celle-ci nous offrit la cascade tant espérée.
Nous voilà déjà au milieu de la semaine, les jours passent trop vite. Direction le troisième parc : le parc de Monteverde, connu pour être le plus touristique du Costa Rica. L’accès à ce parc se fait également après plusieurs heures de piste, le gouvernement essaierait-il de décourager les plus fainéants ? Dans notre cas nous sommes bien contents d’être en voiture et de ne pas devoir tendre le pouce sur ces chemins de terre perdus. La pluie et le vent ne nous ont pas lâchés depuis le parc Tenorio. C’est donc en k-way et chaussures de marche que nous filons visiter cet endroit. Les conditions météo lui donnaient un aspect énigmatique, les ponts suspendus flottaient dans les nuages. En haut de la montagne, le vent faisait plier les roseaux et casser les branches des arbres. Il faudra revenir pour une vue sur la vallée en contrebas.

A la recherche du Quetzal. « Si vous voulez augmenter vos chances d’en voir un, allez là-bas » nous avait-t-on dit. Sur le chemin d’une petite cascade, un attroupement de touristes sous un arbre. Nous levons la tête et soudain le voilà enfin ! Tout de vert, excepté sa gorge au plumage rouge sanguin et son bec jaune vif, il possède une immense queue qui se sépare en deux. C’est un oiseau magnifique, sacré pour beaucoup de personnes. Depuis le Guatemala nous le guettons. Cet oiseau légendaire est l’emblème du Guatemala, c’est aussi le nom de sa monnaie. Seulement pour l’apercevoir cela demande de la chance et de bien savoir où chercher. Cet oiseau ne vit que dans de grandes forêts tropicales du Guatemala ou du Costa Rica. Mais dû à la déforestation son habitat naturel est menacé. Il est donc en voie de disparition et est très rare. Adrien est le plus heureux des amoureux de la nature.
A peine remis de nos émotions du jour, nous revoilà sur le chemin de la jungle mais cette fois ci de nuit, munis de lampe torche et accompagnés d’un guide. Silencieux et aux aguets nous avons pu observer des agoutis (un rongeur de la taille d’un chat), un porc-épic mexicain vivant exclusivement dans les arbres, quelques espèces de toucans endormis dans les branches, un scorpion et des insectes tropicaux. Notre dernière rencontre, au déplaisir de certains, fut une tarentule aux genoux oranges de la taille d’une main. C’est un autre monde, une autre forêt que nous avons découvert cette nuit.
La jungle n’ayant plus de secret pour nous, il est temps d’étendre sa serviette et d’emmagasiner quelques UV au bord de l’océan Pacifique. Une première pour la famille de Ségolène. Quepos nous offre une plage magnifique, bordée par la forêt du parc Marco Antonio. Après avoir défié l’océan et ses vagues, la dégustation d’une coco fraiche arrive à point nommé. Un dernier délice face au coucher de soleil costa ricain.
Une dernière soirée de jeu de dés et de Tarot et il est temps de nous dire au revoir. Embrassades et remerciements à l’aéroport et nous revoilà sur la route. Un grand merci à Marie-Do, Bertrand, Nico et Noémie pour cette semaine passée ensemble et à Caroline et son agence pour une organisation haute en couleur.
…
« Ce que j’aime bien dans ce voyage c’est de se retrouver ici à San Jose au début de l’après-midi à faire du stop sans savoir encore où nous allons passer la nuit ».
Pura Vida !
Direction le sud. Nous arrivons un samedi soir dans la ville de Jaco, où nous plantons la tente sur la plage à l’abri des cocotiers. Calme et vide la veille, nous nous réveillons le lendemain au milieu d’une centaine de Costa ricains venue pique-niquer en famille. Barbecue, glacière, nappe et sono sont au menu. Pendant que nous déjeunions aux Kellogg’s certains faisaient mariner leur poulet au barbecue. Nous détonions dans le paysage au point qu’une famille nous offrit une de leurs assiettes bien garnies.
Toujours plus au sud. Après seulement 30km en une journée de stop, nous nous arrêtons sur une dernière plage. Après une douche payée 500 C (~1$), nous nous installons. Le ciel est clair et dégagé. Un milliard d’étoiles brillent dans le ciel. Certaines scintillent et semblent nous indiquer une route. Celle du sud, toujours plus au sud. Le Panama est à portée de pouce.

Commentaires