Le Belize ... vous connaissiez ?
- 21 janv. 2015
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Le Belize ! Ici on change de langue. Ancienne colonie britannique, longtemps appelée Nicaragua Britannique, on apprend l’Anglais à l’école. Tout le monde parle anglais ? Non, pas vraiment. Beaucoup de personnes parlent espagnol et un créole à base d’Anglais mais complètement incompréhensible pour ceux qui ne le parlent pas. De nombreuses personnes descendent des anciens esclaves et ont donc la peau beaucoup plus foncée que la majorité des Sud-Américains, voire noire. Ce qui fait de ce pays une « bizarrerie » de l’Amérique centrale.
330 000 habitants sur 22 000 km2, c’est un petit pays que nous nous apprêtons à traverser. Pour vous donner une meilleure idée cela correspond à la superficie de la Lorraine. Nous ne connaissons rien du Belize c’est pourquoi nous demandons conseil à Rodolpho et à Yani, les deuxièmes personnes à nous prendre en stop et les premières du Belize à nous héberger à 40min d’Orange Walk.
Il y aurait à Belize City des ferrys pour deux îles magnifiques, l’une grande et très touristique, l’autre plus petite et moins touristique. Depuis ces deux îles, il est possible de faire de la plongée. C’est donc assez naturellement que nous nous dirigeons vers Belize City pour prendre un ferry pour Caye Calker, la plus petite des deux îles.
Depuis la ville d’Orange Walk, nous atteignons rapidement notre objectif. Après une heure de water taxi nous posons nos sacs à dos sur la petite île de Caye Calker. Ici nous ne trouvons aucun camping ou de lieux où planter notre petite maison éphémère. Nous nous mettons alors à la recherche d’un hôtel abordable car nous comprenons vite que sur l’île, tout est très cher. Nous tombons sur Tom’s Hôtel, seul établissement dans notre budget (20€ la nuit pour nous trois). L’ile est petite. Nous rencontrons Manon et Jean-Christophe à la tête d’une crêperie française et qui nous recommandent « Bert » pour la plongée. Alberto ou Bert a 25 ans de plongée dans les palmes, est spécialiste des petits groupes, n’aime pas trop le travail et a le mot pour rire. D’après Bert, : « le snorkling c’est comme regarder un porno, la plongée c’est comme en réaliser un ! » C’est pourquoi nous choisissons son agence ! Demain, nous plongerons en petit comité : lui et nous dans la deuxième plus grande barrière de corail du monde.
Nous nous réveillons excités. A la recherche d’un petit déjeuner intéressant (comprenez consistant et pas cher), nous nous retrouvons avec un sandwich thon + tranches de cheddar dans les mains. Rassasiés nous nous dirigeons vers « Scuba Sensation » et retrouvons Bert. Après une introduction à la plongée, aux signes et à l’utilisation du matériel nous sommes prêts à monter dans le bateau. Direction le reef pour une première plongée de 45 min. On aurait pu rester plus longtemps parmi les poissons et les coraux. Une pause banane – orange nous donne les forces nécessaires pour une deuxième plongée jusqu’à 10m à la rencontre des langoustes, poissons plats et poissons perroquets. Aujourd’hui, au désespoir de Bert, les murènes resteront invisibles. 45 min plus tard nous remontons sur le bateau. Une dernière plongée nous attend dans la « shark avenue », qui ne vole pas son nom ! En effet, masque sur le nez, dans 1m20 d’eau, nous écarquillons les yeux devant une dizaine de requins nourrisses et de grandes raies pas farouches. Quasiment deux heures dans l’eau nous en aura mis plein les yeux ! Un retour en douceur nous permet de remettre le pied sur terre sans le manque des « profondeurs ». Le soir, pour récompenser tous nos efforts, nous nous offrons une crêpe sucre-citron vert et peanut butter, un régal au goût bien français. Quelle journée !

Le jour d’après, avant de quitter l’île, nous apprenons l’attaque de Charlie Hebdo. Nous sommes choqués mais soulagés de voir la France unie derrière ce drame plutôt que divisée par la peur. Même ici Paris et les manifestations nationales font la une des journaux télévisés. Le monde est Charlie, nous sommes Charlie.
…
Direction l’ouest du pays et le Guatemala. À San Ignacio nous voulons visiter les ruines de Xonantonich. Arrivés sur place un peu tard, nous nous mettons à la recherche d’un petit coin de paradis pour notre tente. Non loin des ruines, nous rencontrons Émilie, une vendeuse avec qui nous discutons 5min et qui nous propose, sourire aux lèvres, de planter notre tente dans son terrain familial : « le ranch ». A l’écart des habitations et du village, nous ne serons pas embêtés dit-elle. On accède au terrain (qui est en effet loin du village) par un chemin boueux à travers la jungle. Arrivés, nous constatons que le sol est humide et pas vraiment plat... Pas terrible pour planter notre tente mais nous apprécions beaucoup son geste.
A la dernière sardine plantée la pluie se met à tomber.
Nous nous précipitons à l’intérieur. C’est alors que nous nous rendons compte que nous sommes installés sur plusieurs souches d’arbres qui sont comme de petites pointes arrondies menaçant de percer le sol de tente. Dans le même temps, notre première pluie « tropicale » nous offre l’occasion de vider plusieurs fois une poche d’eau formée sur le double toit et qui commence à gouter dans la chambre.
Une heure plus tard, Chac, le Dieu de la pluie pour les Mayas, nous offre un moment de répit.
Nous retournons au village par le chemin, qui entre temps a changé de physionomie devenant difficilement praticable. Humides et boueux nous arrivons dans le seul restaurant du village.
Entre deux gorgées de bière un autre déluge fait rage. Dans quel état retrouverons notre tente ?
Nous rentrons à la frontale. Nous devons mettre un parpaing sur le sol de la tente pour aplatir les souches. Pendant la nuit il plut souvent, nous obligeant toujours à vider la cuvette formée au-dessus de nos têtes. Au matin, la pluie continue à plomber notre bonne humeur. Entre deux averses, nous remballons nos affaires trempées et décidons de les faire sécher dans le restaurant. Le chemin est une rivière ! Bon ok, …on exagère, mais tout de même. L’humidité et une certaine odeur de chien mouillé nous collera à la peau pendant quelques jours…
Face au mauvais temps nous abandonnons la visite des ruines et nous dirigeons vers la frontière guatémaltèque. Le Guatemala est à seulement 15 km et en deux voitures nous y sommes.
Ce passage éclair au Belize nous aura réservé pas mal de surprises. En quatre jours nous avons été hébergés, fait de la plongée dans la deuxième plus grande barrière de corail du monde et subi notre première grosse pluie tropicale. On gardera une très bonne image de ce pays et de ses habitants. Il y régnait une ambiance décontractée / reggae et jamais autant de monde nous avait dit « bonjour » dans la rue. Une très bonne surprise !

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