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Le Mexique : du Pacifique aux Caraibes - Partie 2

  • 15 janv. 2015
  • 10 min de lecture

Arrivée a Oaxaca (à prononcer Oaraka). Ici c’est le pays du café et du cacaco. Nous vous avions parlés de la Tequila, ici on nous parle de Mezcal !

C’est un Oaxaca 5 étoiles qui nous attend. Gabriel, le contact de Vincent, nous accueille dans sa grande maison. Le rai-de-jardin nous est réservé. Une grande salle de jeux, avec un billard, une grande télé, des canapés. À la place de nos fin tapis de sols, nous avons le droit à de vraies lits gonflables ! Le grand confort ! Les parents de Gabo tiennent deux des meilleurs restaurants de la villes, très réputés. Chaque matin nous avons une table et Gabo se fait un plaisir de nous recommander tel ou tel plat de la carte, qu’il connaît par cœur. Nous goutons chaque spécialités : les Quesadillas (tortilla garnie de fromage ou viandes au choix et cuisiné dans de la crème), les Tlayuda, les Chilaquiles, les Entomatadas, les Quesillo, les Chapulines (petits criquets en sauce avec du citron vert) et enfin les 7 célèbres Moles : la spécialité (et la fierté) de la maison. Le Mole est avant tout une sauce qui accompagne parfaitement un morceau de viande, souvent du poulet. Cette sauce est à base de cacao, de poivrons, de piments, d’ognons, d’une dizaine d’autres ingrédients et d’une trentaines d’épices (secrètes). Il en existe donc 7 différentes au Mexique, plus ou moins épicée, du vert au marron foncé et Los Pacos (le restaurant) serait le seul restaurant qui les cuisine toutes !

Dernière description gustative : le Mezcal . Toujours à base d’agaves, cette boisson est pourtant plus ancienne que la Tequila, plus forte, plus mystique. A la base, il y avait le Pulque (toujours à base d’agaves), seul alcool du temps des aztèques. Sorte de bière fruité très fermenté, lourde sur l’estomac. Quand les colons sont arrivés sur ces terres, ils ont importés le procédé de distillerie, qu’ils ont appliqués au Pulque : le Mescal est né. Pour les connaisseurs le Mezcal est plus noble que la Tequila et pourrai être comparé au champagne (par rapport au vin). Il existe des dizaines de Mezcal différents, avec des particularité dans les saveurs. Pour l’apprécier, il faut le boire par petite lampée, les grosses gorgée brulent la gorge… honnêtement, même si nous avons senti des différences entre certains Mezcal, nous avons eu du mal à apprécié les 55° de la boisson.

A Oaxaca nous rechargeons nos batteries, visitons les environs, nous nous cultivons grâce à une ou deux expositions, mangeons bien, faisons la fête et apprécions la vie de notre voyage

Après deux journées de voyage en petit bus et en stop nous atteignons le Chiapas et la ville de San Cristobal de Las Casas où nous sommes hébergés par Sophia et Mauricio (grâce au couchsurfing), deux professeurs d’anthropologie et d’archéologie à l’université.

En chemin nous faisons la rencontre de « Momo » (Mauricio de son vrai nom), un voyageur argentin de 21 ans, ayant perdu son passeport et de l’argent. Ne pouvant le laisser dormir dehors à San Cristobal de Las Casas nous l’invitons à venir avec nous chez Sophia et Mauricio.

Sophia est une française expatriée depuis trente ans au Mexique. Durant les quelques jours passés chez eux, son expérience et ses connaissances nous ont permis d’aborder de multiples sujets et d’apprendre beaucoup de choses nouvelles sur l’histoire du Mexique, ses problèmes politiques, la reconnaissance des populations indigènes et son mouvement révolutionnaire appelé le mouvement zapatiste… un petit retour à l’école !

San Cristobal de las casas est une petite ville située dans les montagnes, très appréciée pour ces rues colorées, ses grands marchés d’artisanat indigène et son environnement « forêt / jungle ». Conseillée par tous les guides de voyages, nous y avons croisé beaucoup de voyageurs et de backpackers.

Nous partons le 24 décembre de San Cristobal pour Agua Azul (« Eau bleue »). Adrien atteint d’une forte angine, voyage avec Ségolène en petit bus tandis que Beber et Momo, notre ami argentin, lèvent le pouce. Nous nous y retrouvons en fin de journée sans encombre et quasi au même moment.

Anecdote ironique : pour accéder au site nous devons nous acquitter d’une « taxe » de 15 pesos (90 centimes). Des hommes cagoulés et armés de bâtons, de petits bandits, tenaient un barrage avec une simple corde et réclamaient les pièces. Certains très jeunes jouaient avec les bâtons, d’autres beaucoup moins jeunes, se servaient des bâtons pour tenir debout.

Agua Azul est un lieu magnifique de cascades d’eau bleue turquoise coulant sur une pierre couleur blanche / ivoire. Malgré la pluie nous partons à la découverte des multiples chutes d’eau s’enchaînant les unes au-dessus des autres, des bassins de baignades et des points de vues sur la vallée. Quelque peu refroidis par la pluie nous ne nous sommes pas baignés.

La nuit tombe : c’est Noël. Nous le passerons donc à quatre dans notre tente, abrités de la pluie avec en guise de repas de Noël des sandwichs de pain de mie avec des tomates et du fromage de Oaxaca ! Nous nous en souviendrons longtemps ! Une piñata (objet en terre cuite remplie de bonbons et de chocolats) en forme de sapin de Noël (le cadeau de Bertrand de la part d’Adrien) nous rappelle l’ambiance festive de chez nous. Adrien toujours très malade passera la soirée avec beaucoup de fièvre au fond de son duvet, ne goutant presque pas à nos délicieux sandwichs de Noël.

Le 25 au matin nous profitons d’une éclaircie pour jouer la piñata de Bertrand. Le principe est simple : la piñata est accrochée en hauteur, le joueur se bande les yeux, ses compagnons le font tourner sur lui-même, puis à l’aide d’un bâton le joueur doit taper dans la piñata pour la casser et en faire sortir les confiseries. Après quelques coups de bâton et de nombreuse fous rires Bertrand réussit à la casser et il découvrit avec bonheur son cadeau de Noël : Ferrero Rocher, Twix, bonbons, Smarties et confettis. N’ayant pas eu le temps d’acheter tous les cadeaux de Noël pour le 25 au matin pour tout le monde nous nous les sommes marqués sur de petits bouts de papiers :

  • Ségolène va recevoir un chapeau de la part d’Adrien et un bracelet de Bertrand

  • Bertrand va recevoir un maillot de bain de la part de Ségolène

  • Adrien va recevoir un maillot de bain de la part de Ségolène et un attraper de rêves de Bertrand

Malgré les joies de la matinée de Noël l’état de santé d’Adrien ne s’améliore toujours pas. Nous décidons donc de nous rendre au centre de santé du village le plus proche. A la vue de la gorge d’Adrien, très enflée et irritée, la médecin lui fit une piqure dans la fesse et lui donna des antibiotiques. Adrien fut ravi de son cadeau de Noël ! Aie aie aie.

Rassurés par la médecin et les médicaments nous décidons de plier la tente et de repartir sur la route.

Nous faisons une première halte pour visiter les ruines de Palenque. Bien qu’envahies par les touristes et les marchands d’artisanat ces ruines sont très impressionnantes. Située en pleine jungle, seule une infime partie est à découvert. En effet il resterait encore 6 à 8 km2 de ville enfouie ! Nous passons la journée à nous balader entre les restes des temples et des maisons, à gravir les marches de temples les plus hauts pour admirer la vue surplombant la jungle et à nous imaginer la vie passée de ces civilisations.

Nous quittons maintenant la région du Chiapas pour nous rendre dans la péninsule du Yucatan et sur les plages légendaires du Quintana Roo. Arrivés à Cancun nous plantons notre tente dans l’unique camping de la ville, pas cher, une aubaine dans ce monde hôtelier. Nous passons une journée à Isla de Mujeres : plage magnifique, nombreux cocotiers, mer des caraïbes très chaude mais des touristes encore plus nombreux.

Enfin nous nous dirigeons vers Tulum, une petite ville sur la côte, en compagnie de deux mexicains rencontrés au camping de Cancun : Julieta et Oscar. Toujours très chanceux, Julieta et Oscar parlent très bien français, ce qui rend notre voyage avec eux d’autant plus amusant et facile.

A Tulum, nous visitons les ruines mayas, perchées sur une falaise, face à une mer turquoise. Un lieu magnifique. Nous devons faire attention à ne pas marcher sur les iguanes ou sur les touristes nord-américains. L’une est une espèce locale, l’autre est invasive de la péninsule.

Le soir du nouvel an arrive enfin. Après un petit saut au supermarché pour acheter nos provisions pour la soirée, nous nous installons sur une des plages paradisiaques de Tulum appelée Santa Fé. Nous passons la soirée à écouter de la musique, à danser et à trinquer à la Tequila.

Le lendemain, un peu fatigués de la soirée nous jouons à casser des noix de cocos sur des pierres afin de récolter le jus et la chair, à passer nos doigts sur le sable le plus blanc que nous ayons pu toucher de nos vies et à nager dans les eaux turquoises.

Puis nous descendons vers le Belize. A 40 km de la frontière, nous faisons une halte dans la ville de Bacalar, célèbre pour son lac aux sept couleurs, sept bleus différents. L’histoire de ce village est rythmé par les « visites » des pirates venant du Belize. Aujourd’hui les habitants sont fiers d’annoncer que les pirates sont venus ici. Les touristes raffolent de ce genre d’histoires, nous les premiers. Quoiqu’il en soit la ville et le lac ne manquent pas de charme, et en ressort une ambiance « routarde » ou « posey » très agréable. Dans notre camping nous rencontrons Noémie et Alizée, deux bretonnes, qui tout comme nous tracent leur bonhomme de chemin à travers l’Amérique. Pour réduire leur budget elles utilisent le volontariat. En travaillant une demie journée elles jouissent d’un logement gratuit (amplement mérité). Cela nous donne des idées pour plus tard, quand nous resterons plus de trois jours au même endroit, peut-être. Bon voyage les filles !

Fruit du hasard nous rencontrons dans ce même camping, Tiphaine, Chloé et Camille, trois 3Ayennes finissant leur échange au Mexique. Une très belle occasion pour se remémorer nos souvenirs de ces 5 dernières années et d’écrire nos derniers jours passés aux Mexique.

Le Mexique, quelle belle aventure ! Nous y sommes restés presque un mois et demie et depuis Tijuana nous avons traversé ce pays sur plus de 5000km (et quasi tout en stop !). La Baja California, Morelia, Mexico DF, Oaxaca, le Chiapas, la péninsule du Yucatan et le Quintana Roo. Autant de région (ou villes) avec ses particularités bien distinctes : gastronomie, paysages, cultures … du désert à la forêt dense, du petit village perdu aux citées hôtelières, des ruines Toltèques aux ruines Mayas, de la Tequila au Mezcal. Autant de visages qui font du Mexique un pays où nous aurions pu rester un an sans pour autant tout connaître. Nous avons aimé ce pays. A travers les yeux de nos rencontres, des personnes qui nous ont hébergé, pris en voiture ou simplement aidé, le Mexique fut à chaque moment un instant de découverte.

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Nos chiffre clés du Mexique :

Nous avons passé 34% de nos nuits sous la tente, avons dû payer pour dormir (camping ou hôtel) 31% de nos nuits : ce qui fut le principal changement par rapport aux Etats-Unis. Point très positif, nous avons été hébergé 51% de nos nuits (amis, couchsurfing ou rencontres) ce qui démontre que le Mexique est un pays hospitalier : « Mi casa es tu casa ».

A la fin d’un tel pays, nous voulons vous partager certains sujets.

Le Mexique s’annonçait comme un des pays de notre voyage les plus dangereux. En lice : l’importance des mafias et des narcotrafiquants, les liens qu’ils entretiennent avec certains politiques, les policiers corrompus, la violence du quotidien dans les régions pauvres, les fortes inégalités… Un exemple bien concret : avant notre arrivée dans le pays, 43 étudiants se firent enlever et exécuter. Plus tard on découvra que des policiers, des politiques et des narcotrafiquants étaient liés dans ce crime. Pourtant nous n’avons rien vu de cette violence. Le stop que certains considèrent comme dangereux nous aura surtout permis de nous attirer la bonté des gens. Une chance alimentée par notre attention quotidienne à notre groupe, à nos affaires, aux endroits où nous avons dormi etc…

Autre sujet que nous voulions partager, le non « fair-play » du parti politique au pouvoir. En effet, dans tout le pays, d’immenses affiches du parti annoncent les lois votées : « Le pollueur doit payer : loi votée ! ». Cependant certaines ne sont pas encore appliquées. Ces affiches et ces « publicités » du parti nous sont apparues plus comme de la propagande que comme de l’information « neutre ». Cette propagande était encore plus forte dans l’état du Chiapas, un des plus pauvres du Mexique, où des dizaines d’affiches différentes exposaient le gouverneur de la région (aux couleurs du parti) « sur le terrain » avec les « petites gens »…

Dernier sujet, le tourisme de masse dans le Quintana Roo, que nous pourrons appelé « tourisme schizophrène ». En effet, la très grande majorité des touristes présents sont nord-américain. Les même personnes à nous avoir déconseillé d’aller au Mexique. Les mêmes personnes à avoir construit un mur de la honte à leur frontière. A Cancun et dans sa région nous avons observé des personnes se sentant quasiment chez elles, parlant très fort, ne comprenant pas pourquoi tout le monde ne parle pas anglais etc… Un moment d’incompréhension totale.

J’aime / j’aime pas :

Ce que nous n’avons pas aimé :

Adrien : les « topes », communément appelé dos d’ânes en France. Sorte de verrues sur les routes mexicaines pour contrôler la vitesse des automobilistes. Il sont si nombreux et si mal dimensionnés que nous pensons que ce sont les garagistes qui les installent pour détruire prématurément les suspensions des véhicules. Il y en a sur toutes les routes, même sur les nationales et cela oblige le conducteur à repasser en première pour éviter le vol plané. Parfois plusieurs se suivent sans aucune raison particulière. Quand vous êtes sur la route tous les jours, c’est peut-être la chose la plus énervante !

Bertrand : Je n’ai pas trop apprécié le piment mexicain qu’ils mettent dans tous les plats voire dans les plats sucrés… quelques mauvaises expériences où la nourriture fait pleurer et arrache la bouche… mais tout va bien, j’ai survécu !

Ségo : Les regards parfois lourds et déplacés des conducteurs lors de nos séances de stop. Pas facile d’être une fille !

Ce que nous avons adoré :

Adrien : Être hébergé par Francesco et Ilaria à 40km de La Paz en Baja California à El tecolote. Un excellent moment passé avec eux et j’ai adoré les lieux. + el hobbit 3 au cinéma + Los Pacos, le meilleur restaurant de Oaxaca.

Bertrand : fêter le 31 décembre sur la plage turquoise de Tulum avec comme compagnie Sego, Adrien et deux autres mexicains rencontrés sur la route, plus une bonne bouteille de tequila, de la musique bref une soirée comme dans les films !

Ségolène : visiter et gravir les pyramides de Teotihuacan au nord de Mexico DF et déguster les enchiladas au Mole, spécialité du restaurant Los Pacos à Oaxaca.

A très bientôt au Belize !


 
 
 

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