Le Mexique : du Pacifique aux Caraïbes, partie 1
- 4 janv. 2015
- 6 min de lecture
Nous abandonnons les cactus pour les champs d’agaves. Dont est issue la Tequila. Oubliez le goût des boissons effrontément appelées « Tequila » en France. Ici il existe des centaines de Tequilas différentes avec des procédés de fabrication tout aussi différents. Le goût et la couleur de cette boisson nationale changent en fonction des variétés d’agaves, des sols où poussent la plante, du vieillissement de l’alcool … à titre de comparaison, la Tequila est ici ce que le vin est à la France. Il en existe des bons comme de la piquette, des rouges, des blancs, des appellations contrôlées… C’est ainsi que la véritable Tequila ne peut être fabriquée que dans certaines régions du Mexique pour pouvoir jouir de cette appellation.
Nous passons la ville de Tequila et arrivons à Guadalajara, 1,5 millions d’habitants (à prononcer [Gouadalarala]). Dans cette ville nous trouvons refuge dans un « charmant » petit hôtel. Le soir les chambres se louent à l’heure, où il y règne une ambiance sonore particulière, il n’y a pas d’eau chaude, pas de prises électriques (seulement une à la réception) et le wifi ne marche pas. Pourquoi cet hôtel ? 4€ la nuit par personne… ;)
Nous apprécions le charme architectural « coloniale » de la ville avec ses nombreuses églises et cathédrales, ses rues étroites et colorées. Nous avons pu compter jusqu’à 13 offices par jour dans la grande cathédrale de la ville ! La place centrale a été décorée pour notre arrivée aux couleurs de Noël et à celle de la célèbre boisson pétillante rouge et blanche. Nous assistons à un spectacle de lutins (chantant en play-back) nous invitant à partager cette boisson pour le plus grand bonheur de nos proches … : « feliz navidad con Coca-Cola ». Sur l’une des façades d’un grand bâtiment, le père Noël (toujours à l’effigie de la boisson) s’agite numériquement, nous rappelant les animations sons et lumière de la Fête des Lumières à Lyon. Plus ahurissant encore, la piste de glace et la patinoire à l’air libre par 25°C. Merci Coca-Cola !
En chemin pour Mexico nous sommes attendus à Morelia par notre amie 3ayienne Elodie et son copain Paco. Plus petite ville (600 000 habitants) mais tout aussi charmante, son centre historique est classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO. Nous sommes chaleureusement accueillis pendant 5 jours. Nous en profitons pour visiter le petit village de Patzcuaro et aller au cinéma (El Hobbit 3). C’est à ce moment-là que notre voyage pris un grand V. Pas seulement avec ces moments de joie mais aussi avec des moments plus douloureux. Suite au décès d’un de leurs amis mexicains, nous nous rendîmes compte que nous ne sommes pas forts et invincibles comme nous pouvons l’imaginer à 23 ans, mais que tout peut arriver et qu’il est donc important de toujours veiller les uns sur les autres. Elodie, Paco, nous pensons fort à vous.
Pour ceux qui se posent la question, nous continuons à voyager en stop. Celui-ci marche plutôt bien et nous rencontrons des personnes amicales, intéressées par notre voyage et généreuses. Grâce à ces rencontres notre espagnol s’améliore (plus vite que si nous voyagions en bus et en hôtel), de plus cela nous permet quelques fois d’être hébergés. Nous nous sommes toujours dis que si nous ne le sentions pas ou que si le stop ne marchait pas nous prendrions des bus. Pour vous rassurer, nous ne nous sommes pas encore sentis en insécurité et nous restons toujours très vigilents. Nous nous rendons peu à peu compte que la vision du Mexique relayée par les médias ne reflète pas la grande majorité des mexicains.
…
A Mexico nous sommes accueillis par Vincent (ami 3ayien encore et toujours !), sa copine Gizelle et sa famille.
Mexico : une des plus grandes conurbations du monde, 20 millions d’habitants, la nuit les lumières sont à perte de vue, la ville ne finit jamais ! Située à plus de 2200 m d’altitude et encastrée dans une vallée bordée de montagnes, la ville souffre d’énormes problèmes de pollution. Nous sommes effarés par le nombre de voitures et d’embouteillage. Autre source d’étonnement : le nombre de policiers, de forces de l’ordre, de militaires dans les rues (du moins dans le centre). Nous n’avions jamais vu autant de gardiens de la paix par m2 ! Vincent nous fait part de sa vie tranquille et sûre pendant 13 mois de vie à Mexico.
Deux jours de visites effrénés nous attendent dans la capitale. Le premier jour nous visitons le centre de Mexico, son immense cathédrale, quelques musées, les vestiges du Templo Mayor et son musée archéologique. Très impressionnant ! Le soir, en bonne compagnie, nous errâmes dans le cartier de Coyoacán, lieu de musique et d’art.
Le deuxième jour nous partons pour le site archéologique des pyramides de Teotihuacán.
Imaginez : une ville habitée par 200 000 âmes, fleurissant à la même époque que La Rome antique . Centre politique, culturel, économique, religieux et multiethnique : les Olmèques, les Toltèques, les Mayas, les Aztèques, toutes les civilisations légendaires préhispaniques s’y sont succédées et ont apporté leurs savoir-faire pour parfaire la métropole. La rivière voisine avait même été détournée puis divisée en petits canaux d’irrigation pour séparer la ville en quartiers distincts. Mais Teotihuacán en impose surtout pour ses trois pyramides : celle du Serpent à Plume (Quetzalcóatl), celle de la Lune et celle du Soleil. La plus impressionnante est sans aucun doute celle du soleil qui atteint 63m de haut et 215m de côté à la base. Les archéologues ne s’entendent pas encore sur les fondateurs de cette citée légendaire en -450 A.J. Pour les Aztèques, les bâtisseurs ne pouvaient être que les descendants de divinités. Mêmes inexactitudes quant aux raisons du subite déclin de cette citée vers l’an 1000. Les hypothèses retenues sont le déclin des ressources ou des conflits internes. Aujourd’hui, seuls les « marchands des temples » ont l’air d’avoir pris racine, nous vendant de vraies pierres de lune faites en plastique ou des « têtes de jaguar » : « si amigo, quand tu souffles dedans, ça fait le bruit du jaguar ! » (animal emblèmatique des aztèques mais malheureusement disparu de cette région depuis une centaine d’années)…
Pour la suite de notre voyage, nous nous fixons comme objectif de passer les fêtes à la plage, dans le Yucatan. Puis, suivant les conseils des personnes que nous avons rencontré, nous décidons de traverser les états du Oaxaca et du Chiapas avant de remonter vers le Yucatan. De plus grâce à Vincent, nous avons un contact dans la ville de Oaxaca à 470 km au sud-est de Mexico.
En stop, l’une des principales difficultés est de sortir des villes. Plus la ville est grande plus c’est difficile. Imaginez Mexico!
Nous abandonnons donc le stop pour sortir de Mexico. Dans un bus tout confort, nous arrivons à Puebla, une ville à 125km au sud-est de Mexico.
De là, nous levons le pouce. Vu l’heure un peu tardive (16h) nous n’espérons pas arriver à Oaxaca mais au moins avancer d’une centaine de km et de trouver un « logement ». A 18h nous n’avons toujours pas été pris, nous sommes coincés sur une entrée d’autoroute ; pas le top pour planter la tente et nous sommes surtout déçus de ce premier échec en stop.
18h01 :
bon qu’est-ce qu’on fait maintenant ?
On continue jusqu’à 18h15, et après on remballe
Ok, ça marche pour moi
Pour moi aussi
18h10, toujours aucune voiture ne s’arrête malgré nos efforts pour sourire et faire de grands gestes amicaux aux automobilistes.
Quelle heure est-il maintenant ?
18h13, encore deux minutes !
18h14 :
Et maintenant ?
Encore trente secondes!
...
..
.
Bon …
« Iiirrrrrr !!! » (bruit de freins de vielle voiture qui s’arrête)
Oh putain celle-là on ne la loupe pas !
Mario, notre nouveau chauffeur ne nous avancera que de quelques km et après un bon moment de réflexion il nous hébergera. Plus tard il nous avouera avoir hésité pensant que nous étions mexicains !
Chez Mario, qui est boucher, ça sent la viande cuisinée et la poussière. Car la maison est en construction. Sa femme fait la collection des pièces de monnaies étrangères et elle nous montra avec fierté des francs ! Quelle fut notre surprise d’avoir dans les mains les pièces de notre enfance. Afin de garnir sa collection nous lui donnons un échantillon d’euros. Nous ne pouvions pas lui faire plus plaisir ! … Notre espagnol encore hésitant, nous continuons la soirée en parlant de chose universelle : musique et alcool, avant de nous coucher dans la pièce principale.
Au matin nous avons le droit à un petit déjeuner copieux à base de « Tamales » : dans son enveloppe, le maïs est en « bouilli » mélangé à du chocolat, du sucre colorée ou du piment.
Il nous reste une longue route, nous tendons encore une fois nos pouces vers un beau ciel bleu, sourire aux lèvres !

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