top of page

San Francisco et ses parcs nationaux

  • 17 nov. 2014
  • 6 min de lecture

Samedi 8 novembre. 7h52, j’ouvre la tente. Une forêt devant moi. L’endroit est simple et beau. La veille, nous avons planté la tente sur un parterre d’épines. Je prends une photo pour immortaliser ce moment : nous sommes au Yosemite Park, ouf !


Trois jours plus tôt, nous arrivions à San Francisco. Jusqu’alors nous n’avions jamais eu à payer pour dormir. Pas un hôtel, pas une chambre d’hôte, seulement du couchsurfing (-via internet- des personnes nous hébergeant gratuitement), de l’hébergement chez des gens rencontrés ou du plantage de tente en derniers recours.


Ici, malgré nos recherches, nous ne trouvons rien et nous nous sentons obligés de prendre une nuit d’hôtel. Finalement, par facilité, puis par dépit nous sommes restés deux nuits de plus dans cet hôtel situé dans le grand quartier chinois de la ville.


Arrivés en Californie, notre but est de rester deux jours à San Francisco puis de visiter deux grand parcs nationaux (Yosemite Park et le Sequoia Park) avant de repartir vers le sud (Los Angeles, San Diego et le Mexique).


San Francisco, sonnant comme un écho des 60-70’s nous émerveille rapidement. Construite sur une péninsule vallonnée, San Francisco nous rappelle Lyon, une ville cosmopolite, à taille humaine, avec la particularité d’être une ville portuaire. D’Est en Ouest, la baie de San Francisco est séparée de 13 km de l’océan Pacifique. Entre, trois collines culminant à plus de 200m et trois dépressions au niveau de la mer. C’est avec grand courage que nous parcourons la ville à pied. Le quartier Chinois, le port, le centre-ville, ces immenses parcs municipaux (le Parc du Golden Gate et son enclos à bisons et le Parc Predisio), le célèbre pont de San Francisco : le Golden Gate et son architecture, l’océan Pacifique…


Grand comme un département français, nous nous rendons compte qu’il nous faut une voiture pour parcourir la Californie et visiter les parcs nationaux (si nous ne voulons pas y rester deux mois). Nous partons donc à la recherche de la location de voiture la moins chère de SF. Après une après-midi de recherche, nous trouvons une bonne agence. Nous décidons d’y revenir le lendemain pour louer une voiture. Pour louer une voiture nous avons besoin d’un permis de conduire et d’une carte bleue (portant le même nom) pouvant supporter à la fois le prix de la location et la caution.

Adrien : un permis de conduire et une carte bleue périmée.

Ségolène : un permis de conduire mais en France et une carte bleue supportant les montants

Bertrand : un permis de conduire et une carte bleue mais ne supportant pas les deux montants.

Nous sommes recalés. Agence 1, visite des parcs par Viapanamericana 0 !

Par dépit nous repartons à l’hôtel.


Le lendemain nous refaisons le tour des agences. Toutes observent les mêmes procédures et nous nous voyons recalés à chaque fois. Sans voiture, pas de visite des parcs… après une pause chocolat chaud pour Ségo et Beber et jus d’orange frais avec pulpe pressée à la main pour Adrien, nous nous rendons dans une dernière agence. Les prix ne sont pas excessifs et grâce au bon contact que nous avons avec le vendeur et en lui expliquant tous nos malheurs, celui-ci accepte de prendre la caution sur la carte de Ségo et le permis de Bertrand. En 15min, nous avons les clefs d’une petite Toyota Yaris bleue qui accueille tout juste nos sacs à dos et nous-même. Nous avons un jour de visite en moins mais nous verrons les parcs !

YES !


Les parcs nationaux sont très bien adaptés pour les voitures mais seulement une petite partie des parcs y est accessible. L’entièreté du parc est accessible à pied, mais sous réserve d’un permis (payant). Dans les parcs il est interdit de chasser et les zones pastorales y sont interdites. La vie sauvage y est chez elle.

A l’entrée du parc Yosemite, plusieurs surprises nous attendent. Tout d’abord, sa beauté. Nous abordons le parc par une vallée sous un soleil couchant, donnant une lumière particulière aux forêts de conifères verts, tachetées de feuillus jaunes et rouges. Les montagnes se reflétant dans les ruisseaux transparents.

Au centre du parc, Yosemite Village. Une petite zone composée de camping, de petits magasins de secours et de quelques hôtels plus ou moins luxueux. Nous repérons sur la carte du « village » un camping nous paraissant correct, proche des chemins de randonnées. A l’entrée du camping une ranger nous interpelle :

  • « Avez-vous une réservation ?

  • Heu non…

  • Ok, alors vous ne pouvez pas vous mettre ici. Vous devez aller à l’autre bout du village au « Camp 4 », (3km), voir s’il y a de la place là-bas, et sinon, vous devrez quitter la vallée.

  • Heu… d’accord…

  • Ok, et vous savez qu’il y a des ours ici, et ils ont faim. Vous devez mettre toute la nourriture que vous avez, tous vos produits de toilette et tout ce qui a une odeur dans les boxes en métal prévues à cet effet. La semaine dernière j’ai eu deux voitures fracturées par des ours qui cherchaient à manger.

  • Heu … d’accord

  • Ok ? Goodbye ! »

Demi-tour.

Nous trouvons en fait facilement une place dans ce camping. Nous suivons les recommandations de la ranger pour la nourriture et après une partie de tarot et une bière nous nous couchons, pas très sereinement…


Samedi 8 novembre. 7h52, j’ouvre la tente. Une forêt devant moi. L’endroit est simple et beau. La veille, nous avons planté la tente sur un parterre d’épines. Je prends une photo pour immortaliser ce moment : nous sommes au Yosemite Park, ouf !


Pour notre première journée dans le parc, nous nous préparons pour une petite randonnée. Point de départ 1200m, arrivée 2150m. Ambitieux, mais nous y parvenons en moins de trois heures. Au bout de cette ballade, la carte nous promet une immense cascade. Mais la sécheresse régnant depuis trois en Californie, et vue la saison avancée, nous trouvons au bout de notre montée qu’un petit filet d’eau. Néanmoins, le spectacle que nous offre le point de vue est fantastique ! Le temps, notre allié depuis le début de notre voyage, est de la partie. Short et tee-shirt, nous bronzons à plus de 2000m d’altitude. Autour de nous, de grande falaises, le rêve de tout grimpeur, et au-dessus de nos têtes, rapaces et grands corbeaux nous observent.

Nous trouvons en amont de la « cascade » deux petites retenues d’eau où nous décidons de nous y jeter. L’eau ne dépassant pas les 7°C, nous n’y restons pas longtemps … juste le temps de sauter et de revenir sur le bord en criant.


Le jour d’après nous continuons la découverte du parc par une autre ballade. Plus courte, plus familiale, les paysages sont toujours grandioses. Entre lacs, ruisseaux, falaises et cascades, nous gardons nous yeux grands ouverts.


D’autres grandes randonnées sont possibles mais le temps nous manque et nos jambes rouspètent ! Nous partons pour le Sequoia Park, à quelques heures de voiture.

Nous y arrivons lundi 10 novembre. Entre les deux parcs, les paysages ont bien changé et nous nous trouvons à présent dans une immense forêt montagneuse où la neige a recouvert une bonne partie du sol. Dans cette forêt se trouve les plus vieux, les plus grands et les plus gros arbres de notre planète. Au milieu des Sequoias géants, nous sommes de petites fourmis. Certains arbres dépassent (largement) les 80m de haut et les 2000ans d’existence !

Contrairement au Yosemite Park, nous avons l’impression qu’il y a peu de familles et moins de touristes dans ce parc (il fait plus froid et nous sommes en semaine). La majorité des campings sont donc fermés. Ceux ouvert sont plus excentrés et payant. Nous plantons donc notre tente dans un des camping fermés, au milieu des sols enneigés. Nous respectons tout de même les même consignes de sécurité par rapport à la nourriture et aux ours.

4h du matin.

« Tu dors ? »

« Non, j’ai froid aux pieds et toi ?

« Bas.. j’ai froid un peu partout … »


Après une courte nuit donc, nous découvrons au matin la tente complètement gelée, bien plus que la dernière fois où il avait fait -4°C … et Adrien, après inspection des lieux, découvre des empreintes d’ours dans la neige, à une dizaine de mètres de la tente. Après avoir attendu que la tente dégèle puis sèche, nous bougeons d’endroit pour pouvoir admirer le Général Sherman, le plus gros arbre sur Terre. L’arbre est majestueux. La rencontre, presque magique. Quand on est face à lui, ou plutôt face à ses racines, nous sommes obligés de nous poser 5min et de se questionner. Que suis-je ? Est-ce que mes actes ne vont pas détruire sont environnement, car la terre, c’est la sienne…


Après ces moments de contemplation nous nous dirigeons vers notre voiture. Mais au dernier moment nous faisons une rencontre à laquelle nous ne nous attendions pas. Nous nous retrouvons face à une maman ours noir et ses trois petits. L’instant est hors du temps. Une dizaine de personnes se trouve à coté de nous, et personne ne prononce le moindre mot. Nous les observons chercher à manger, creusant le sol à la recherche de fruits, de racines ou de glands. Pour les 4 ours sauvages c’est comme si nous n’étions pas là. Nous sommes à 2m seulement d’eux et les yeux écarquillés, nous observons la démarche pato des oursons… Ils repartent… l’instant était si irréaliste que nous n’y croyons pas.

Nous terminons notre journée dans le parc, multipliant les adjectifs pour décrire les arbres et la rencontre.


Puis nous reprenons la route pour San Francisco car nous devons rendre la voiture le lendemain. Cette nuit nous dormons sur l’une des plages de San Francisco, face au Pacifique. Fatigués, nous repensons à ces 5 derniers jours. Magique.


SAM_8119_edited.jpg


 
 
 

Commentaires


bottom of page